Pourquoi manger local ?

1. Manger local, c’est quoi ?

Favoriser les circuit-courts des producteurs et une alimentation locale

La pandémie de Covid-19 qui a éclaté début 2020 aura été un véritable déclic chez de nombreux consommateurs pour privilégier des produits issus des circuit-courts. Les drives fermiers et les magasins de petits producteurs locaux se sont multipliés à l’heure où les frontières se fermaient et mettaient un sérieux frein aux exportations des denrées alimentaires. Toutefois, choisir de se procurer des produits de saison tout en évitant les rayons de la grande distribution n’est pas nouveau. C’est même désormais une idée qui s’intitule le locavorisme. Un néologisme né en 2005 en Californie aux Etats-Unis lors de la Journée mondiale de l’environnement.

L’auteure et cuisinière Jessica Prentice est considérée comme l’inventrice du terme locavorisme grâce à son blog The birth of the Locavore (2005-2006). Il s’agit de la déclinaison des mots « local » et « vore » qui signifie avaler. Ce concept est donc simple : favoriser une alimentation locale issue d’une agriculture paysanne et durable. En principe, les aliments frais et plus goûteux doivent être achetés à moins de 150 kilomètres de son lieu de vie. Or, il est possible de déroger quelque peu à cette règle en favorisant avant tout les produits récoltés au niveau régional, voire même national. De plus en plus de commerces, de collectifs ou d’Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) se développent dans ce sens ces dernières années.

Pourquoi consommer des produits locaux frais et de saison ?

Le locavorisme s’oppose de ce fait à la globalisation des échanges commerciaux. Ce phénomène permet à certains aliments et produits de faire le tour de la planète entre leur production et leur consommation. En à peine une vingtaine d’années, la distance parcourue par les produits alimentaires a augmenté de 50 % en Europe. L’objectif est donc de réduire son bilan carbone en polluant moins alors même que des solutions locales existent. Contre l’agriculture intensive et ses conséquences néfastes comme les OGM, le locavorisme défend une agriculture paysanne et durable. C’est également le moyen de soutenir les traditions culinaires traditionnelles et locales. Celles-ci pourraient à terme être amenées à disparaître en cas d’uniformisation générale dans les assiettes.

Des emplois locaux liés à une agriculture paysanne à la santé humaine en passant par les enjeux environnementaux, les avantages sont divers et variés pour développer et soutenir le locavorisme. Près de 250.000 personnes ont d’ailleurs déjà adopté cette pratique en France en adhérant à des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne. A la faveur de la crise sanitaire liée au Covid-19, les institutions publiques comme les Régions soutiennent davantage la production locale des aliments. Il s’agit donc d’un moyen efficace pour doper l’économie locale tout en soutenant un retour à la souveraineté alimentaire nécessaire face au changement climatique.

2. Tout savoir sur les avantages du locavorisme

Encourager et soutenir l’économie locale

Encore une fois, la pandémie mondiale et ses effets sur les échanges commerciaux ont levé le voile sur les défaillances d’approvisionnement en cas de pénurie alimentaire liée à une fermeture des frontières prolongée. Plutôt que de favoriser l’exportation de denrées comme la viande bovine provenant majoritairement d’Amérique du Sud où sa production bat dernièrement des records, le geste du consommateur éco-responsable oblige à se tourner vers des petits éleveurs locaux. Ces derniers effectuent de la vente directe et sont de préférence fidèles à des valeurs associées à l’agriculture bio ainsi qu’au bien-être animal. Le même principe est évidemment applicable à tous les types d’activités agricoles possibles sur un certain territoire donné.

Le soutien à l’économie locale suscité par le locavorisme a été démontré par de nombreuses études développées par des instituts de recherche ces dernières années tels que la New Economics Foundation, un think-tank britannique qui défend la justice sociale, économique et environnementale. Ce dernier a démontré qu’une consommation au plus proche de chez soi permet effectivement de soutenir l’activité économique à l’échelle locale : un concept gagnant-gagnant pour producteur et consommateur. Chaque besoin individuel à l’instar du cacao, nécessaire à la fabrication du chocolat, ne peut toutefois être satisfait. Diverses solutions existent pour palier ce manque comme la mise en place d’un protectionnisme écologique et solidaire aux frontières.

Des aliments de meilleure qualité pour une meilleure santé

Une évidence qu’il est toujours bon de rappeler. Le fait d’acheter des aliments produits localement est le plus souvent gage d’une meilleure qualité, le mieux étant votre jardin lorsque cela est possible. Même si le prix peut s’avérer parfois plus onéreux chez un producteur local que dans les grandes surfaces, le goût et la qualité du produit n’auront assurément rien de comparable. Les plus grands chefs de cuisine privilégient d’ailleurs des aliments de saison et issus des circuits-courts. Un approvisionnement au plus près de son lieu de vie impose toutefois une certaine rigueur lorsque vient le moment de faire ses courses.

Bien manger est important pour avoir un corps sain dans un esprit sain. Le locavorisme est donc un moyen de préserver sa santé à l’heure où l’agriculture chimique et industrielle est accusée d’être responsable de la multiplication des maladies comme les cancers. L’agriculture intensive nécessite également d’utiliser davantage d’engrais et de pesticides chimiques. En plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce, le locavorisme permet de consommer les produits locaux et de saison qui fournissent des qualités nutritionnelles optimales. Les fruits et légumes de saison issus des circuits-courts sont également bien plus savoureux.

Pourquoi privilégier les circuits-courts est bon pour l’environnement ?

En moyenne, les produits qu’on retrouve sur nos tables à manger effectuent un trajet d’environ 2 500 km. Un non-sens écologique quand on connaît l’impact des transports sur le dérèglement climatique. Ils représentent ainsi la première cause de celui-ci avec l’élevage industriel d’après l’ONU. Il s’agit donc avant tout de réduire son empreinte carbone en privilégiant les producteurs locaux situés au plus près de son domicile comme les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne. Les aliments consommés connaissent le moins possible d’intermédiaires et se retrouvent le plus rapidement dans les assiettes.

En plus du soutien aux paysans locaux et à l’économie locale, le locavorisme permet de réduire le gaspillage alimentaire. Le fait d’éviter les longs trajets en camion par la route ou en bateaux par la mer entre le lieu de production des fruits ou légumes et celui de sa consommation suscitera logiquement moins de risques de perte, surtout lorsque l’on sait qu’un tiers des aliments produits sur la planète est voué à se retrouver à la poubelle. Les circuits-courts permettent également de réduire l’accumulation des déchets. Le plus souvent, les petits producteurs fournissent directement leurs produits en vrac. C’est un moyen d’éviter les emballages plastiques qui peuvent se retrouver en pleine nature.

3. Comment consommer local et de saison ?

Petit guide du manger local

Le locavorisme est un concept apparu récemment. Pourtant, par le passé, manger local a toujours fait partie des habitudes de consommation de l’espèce humaine. Désormais, la cueillette, la chasse et les fermes d’antan ont laissé place à de nouvelles méthodes. En plus de cultiver son jardin, la vente directe au plus près des producteurs devient de plus en plus répandue. De même, les drives fermiers sont en pleine expansion même si la hausse générale des prix perturbe quelque peu leur attractivité pour les consommateurs soucieux de leur budget. Enfin, de nouvelles plateformes numériques de mise en relation entre producteurs et consommateurs se développent, à l’image du Marché Futé qui propose une multitude de produits de qualité.

Mangeons local !

Avec tous ces conseils et face à l’accroissement des risques liés au dérèglement climatique, il ne reste plus qu’à se mettre à l’action et manger local !

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